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Temple hindou de Gaschet

Monument - Port-Louis

Ce temple a été fondé en 1993 par le pousari (prêtre) Iris Sinnan-Ragava sur un terrain acquis pour la construction d'un espace cultuel à partir d'indications quant à la conception et l'emplacement des différentes divinités qu'il aurait reçu lors d'un rêve. Il fut ensuite animé par son fils Robert qui passa le relais à son propre fils Freddy qui a en charge aujourd'hui l'entretien du lieu. De forme carré prédominante, l'ensemble cultuel se compose de 4 édifices : un pour abriter les divinités Mariamman et son gardien Minadéyon, sous un arbre un sanctuaire peint en rouge et blanc accueille la divinité Hanuman, représentée par une pierre fixée sur un socle ainsi qu'une statuette et des images polychromes, non loin, un sanctuaire dédié aux lumières et offrandes des dévots ainsi que le mât du saint musulman Nagour Mira. La majorité des cultes hindous tamouls de la Caraïbe, et donc de Guadeloupe, intègrent une figure de l'islam sud-indien, Nagour Mira, en remerciement pour la protection qu'il aurait apportée aux convois de l'immigration indienne du XIXè siècle. Au regard de l'interdiction hindoue de quitter l'Inde et compte tenu de l'absence dans cette religion de divinités ayant pour rôle la sauvegarde de bateaux envoyés en mer, s’approprier les interventions miraculeuses du saint musulman Nagour Mira en matière de naufrage entra dans la coutume. À l'issue des cérémonies publiques hindoues de Guadeloupe, on consacra ainsi un ultime rite à Nagour Mira. Contrairement aux dieux hindous représentés par des statues, Nagour Mira n’a pas de reproduction concrète,  conformément  à l'interdit islamique prohibant la représentation du corps humain. Autre spécificité, un mouton, lui est sacrifié selon les rites musulmans et au terme de l'immolation, un chant est consacré à Nagour Mira, où sont prononcés le nom d'Allah et quelques mots d'Arabe. Enfin, est érigé en l’honneur du personnage un mât en haut duquel flotte un drapeau où apparaissent des symboles islamiques.

Implantée essentiellement à Port-Louis, Saint-François, Le Moule et Capesterre-Belle-Eau, la communauté indienne, qui regroupe plus de 50 000 personnes, a su conserver ses traditions. Après l'abolition de 1848, pour compenser la pénurie de main d'œuvre, on eut recours à l’immigration. Ainsi arrivèrent des engagés venus surtout d'Inde. Ils ont apporté leur coutume et préservèrent l'expression de leur communauté. Tous les courants d'opinion reconnaissent aujourd'hui l'indianité comme partie intégrante de l'identité guadeloupéenne. On note d'ailleurs depuis quelques années un regain d'intérêt pour les pratiques hindouistes, notamment de la part des jeunes, à travers les associations, qui s'efforcent de ne pas laisser disparaître les traditions religieuses de leurs ancêtres. Les mâts, les sanctuaires, les chapelles, la flore, les rites, les coutumes toutes les émancipations de l'indianité s'inscrivent dans la synthèse réalisée par cette culture. La religion indienne de Guadeloupe se caractérise principalement par l'adoration populaire de Maliémin et Kâli et se pratique, hors de la maison, dans des lieux aménagés, par le culte, le sacrifice, les fêtes et les festins. Chaque temple est dédié à une divinité. On distingue les chapelles pour la divinité Maliémin (les plus nombreuses), les chapelles pour Kali, les chapelles pour Maldévilin, les mâts, pour Nagoulou Mila et quelques temples pour des divinités autres. La statuaire joue un role fondamental. Statues en provenance directe de l'Inde ou réalisées par des créateurs locaux qui s'inspirent de la représentation des divinités indiennes sur les chromos importés du pays d'origine. On trouve une grande diversité tant dans les styles que dans les interprétations portées sur la statuaire. D'autres sculptures sont l'œuvre des desservants des temples qui aménagent eux-mêmes leurs lieux de culte en s'inspirant de l'imagerie indienne, ou, disent-ils, de leurs rêves. Ces réalisations marquent l'existence d'un nouvel art religieux populaire guadeloupéen. A l'exemple du temple de Gaschet, les sanctuaires se trouvent la plupart du temps à proximité d'un point d'eau (rivière, étang, mer), nécessaire pour certaines cérémonies. L'espace du temple comprend le temple proprement dit (chapelle ou Koylou), et le terrain adjacent, qui, abrite les lieux de culte complémentaires. C'est dans le bâtiment principal que sont déposées les statues des divinités et que s'effectuent les prières. Les sacrifices d'animaux se font à l'extérieur. On peut observer qu'au-delà du plan architectural, aux lignes sobres, sculptures, frontons, peintures n'ont pas seulement pour but d'omer, mais encore d'affirmer les marques extérieures de l'identité hindoue en leur donnant une grande visibilité. Les temples privés en Guadeloupe font d'ailleurs preuve d'une manifeste exubérance du décor, à l'intérieur comme à l'extérieur. Au même titre que pour les statues, cette décoration est issue de diverses sources venues d'imagerie populaire indienne, de magazines, de courants créatifs qui favorisent l'intégration de ces lieux dans la vie quotidienne.

Temple hindou de Gaschet
Temple hindou de Gaschet
La chapelle et les drapeaux bleu, blanc, rouge du mât représentant Nagour Mira
La chapelle et les drapeaux bleu, blanc, rouge du mât représentant Nagour Mira
Chapelle dédiée à Kâli
Chapelle dédiée à Kâli
Chapelle dédiée à la divinité Hanouman
Chapelle dédiée à la divinité Hanouman
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