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Paradoxe

Vieux-Habitants

Basse Terre - 7 602 Hab.

 

Vieux-Habitants : terre de sensations.

La découverte de pièces archéologiques sur les hauteurs de Vieux-Habitants et l'existence de roches gravées dans le lit de la rivière du Plessis attestent d'une présence de populations amérindiennes dès le début de l'ère chrétienne. La paroisse de Saint-Joseph de Vieux-Habitants est fondée en 1636 par Nicola Suyllard dit “La Ramée“. L'implantation du bourg se fit en bord de mer, dans la zone des "cinquante pas du roi", à l'abri d'une anse où pouvaient mouiller les embarcations. Le caractère accidenté du relief offrait une défense naturelle, qui sera renforcée par la construction de batteries. La présence d'une rivière résolvait le problème crucial de l'eau douce mais posait le grave inconvénient des marécages et des crues répétées. Le bourg ne groupait alors que quelques magasins et cases autour d'une modeste chapelle en bois édifiée par les dominicains. La précarité de la vie aux débuts de la colonisation contraignit les premiers colons à se contenter de simples abris, formés de poteaux de bois avec couverture végétale, influencés à la fois par les constructions des campagnes françaises et le savoir-faire caraïbe. La forêt tropicale fournissait une matière première de choix : bois durs, bois épineux...
Les premiers habitants exploitèrent d'abord le tabac, puis le coton et l'indigo, et à partir des années 1720, le café, qui s'adaptait parfaitement au climat local. Ce dernier connaîtra un développement important pendant plus d'un siècle, puis sera remplacé par l'exploitation du roucou, plante arbustive autrefois utilisée par les Amérindiens comme peinture corporelle et exploitée par les colons pour ses qualités tinctoriales. Les exploitations s'établirent sur les hauteurs. On peut encore découvrir les témoignages de ce riche passé : habitations-caféières Morandais, La Grivelière, Getz, Loiseau, Domaine de Vanibel… Les Maisons de maître étaient pour la plupart bâties en rez-de-chaussée, même si à la fin du XVIIIè siècle, on verra apparaitre des maisons à deux niveaux dites "hautes-et-basses“. Mais les multiples destructions causées par la nature, cyclones et séismes, ont provoqué des reconstructions successives. La plupart des maisons de maître en bois recensées ne semblent dater que de la seconde moitié du XIXè siècle ou du début du XXè siècle. En revanche, certaines constructions en pierre ont été construites au cours de la seconde moitié du XVIIIè siècle ou du premier quart du XIXè siècle, époque où des maisons avec galerie apparaissent et s'inscrivent dans l'architecture créole, à l'exemple de l'habitation Guilliod, construite en 1916. Les habitations comme toutes les exploitations agricoles, même modestes, regroupaient plusieurs bâtiments en plus de la maison de maître. Les cuisines, séparées de la maison de maître, pouvaient comporter un potager en maçonnerie et parfois un four à pain. L'eau était stockée dans des jarres en terre cuite, les daubannes (jarres qui provenaient d'Aubagne, d'où le nom déformé) qui étaient souvent entreposées dans des "cases à eau". Les " cases à farine " abritaient le matériel nécessaire à la préparation du manioc : le moulin et les platines. Les exploitations possédaient aussi des magasins en bord de mer où elles entreposaient les marchandises avant leur transport par mer. Jusqu'à l'abolition de l'esclavage, la population du bourg fut constituée principalement des mulâtres que rejoinrent les esclaves libérés après 1848.
Parallèlement à l'exploitation des terres, les habitants durent très vite se prémunir contre les attaques, principalement anglaises. Si les nombreux mouillages répartis sur la côte permettaient aux navires de s'abriter en cas de mauvais temps et de se protéger des attaques ennemies, il fallut aussi fortifier la bande côtière qui n'avait pas été concédée aux planteurs. C'est sur cette zone que furent implantés les batteries, construites de préférence sur des promontoires rocheux. A l'inverse des forts, elles ne permettaient pas de soutenir un siège puisqu'elles étaient le plus souvent constituées d'un parapet en pierre et d'une plate-forme de tir pour le canon. L'anse à la barque, port stratégique, fut d'ailleurs plusieurs fois le théâtre de durs combats contre les Anglais (1691, 1703, 1746, 1809). Jusqu'en 1922, le seul moyen de communication avec l'extérieur était la voie maritime au départ de l'anse à la barque.
Aujourd'hui forte de ses 7700 habitants, les habissois, la commune s'appuie toujours sur sa forte tradition agricole. A proximité de la Soufrière et du Parc National, elle souhaite aussi développer un tourisme intégré impliquant l'ensemble des acteurs économiques de la commune et s'appuyant sur son patrimoine naturel et historique (vallée de la Grande Rivière, rivière de Beaugendre, aménagement des anses de Val de l’Orge, Marigot et La Barque, mise en valeur des habitations, production locale…) à l’exemple du site de la Grivelière.

Visite de Vieux-Habitants.

S'étirant de l'anse à la barque à l'anse Colas, irriguée de nombreux cours d'eau, ouverte sur la mer, adossée à la montagne, la commune dévoile petit à petit ses atouts naturels et distille au fil de la visite les splendeurs de son patrimoine, caché au cœur de la montagne ou discrètement blotti dans le lit d'une rivière, témoignages de l'histoire d'un peuple qui au cours des siècles a démontré sa pugnacité et sa créativité. Le site naturel de l'anse à la barque constitue un départ de choix pour une visite passionnante. Lieu d’histoire, les batteries sont encore là, l'anse à la barque a préservé aussi sa très haute valeur paysagère et écologique. Au fond de la cocoteraie, subsistent d'anciens bassins d’une indigoterie. La N2 vers le sud traverse Marigot. En bord de route se trouve la “Maison de la côte sous le vent“, lieu d'information animé par le Parc national. Sur les hauteurs, les Vallées de Beaugendre et de Grande Rivière constituent de magnifiques lieux de randonnées au cœur de la nature et offrent de belles opportunités de baignades vivifiantes. On passe la rivière de Beaugendre, 2 km plus loin, on arrive au site de L'Etang, plage équipée de carbets pour pique-niquer. La route à gauche vers Belair et Géry conduit jusqu'à l'habitation Getz, ancienne habitation-caféière de 1780 tout en bois, abritant plusieurs éléments remarquables, glacis, bassin à laver le café etc. Juste avant d'entrer dans le bourg de Vieux-Habitants, sur la droite, au lieu-dit Le Bouchu, le Musée du café où l'on torréfie le célèbre café Chaulet, visite expliquée, chocolaterie artisanale. La visite de l'église Saint-Joseph, l'une des deux plus anciennes de Guadeloupe, s'impose. D'abord simples maisons de bois couvertes de paille, les lieux de culte de la Côte-sous-le-Vent furent en général édifiés en maçonnerie dans la seconde moitié XVIIè siècle et au cours du XVIIIè siècle. Cette église se trouve sur l’emplacement de la première chapelle édifiée en 1636 par les frères dominicains. Elle présente un magnifique porche en roche volcanique, œuvre des tailleurs de pierre venus du Limousin. Ce porche affiche les armoiries traditionnelles de l'ordre des capucins illustrant la vie de saint François d'Assise, précisément le jour où Jésus détacha ses bras de la croix pour embrasser le saint. A l'intérieur, belle orfèvrerie religieuse et chapelle commémorative. La plage Silao toute proche permet de faire une agréable pause détente. La route D27 suit la vallé de la Grande Rivière. Considérée comme une des plus belle vallées de l’archipel, la vallée de Grande Rivière offre sur chacun de ses versants un paysage impressionnant. Elle abrite de nombreuses espèces endémiques comme “le toto bois“. Encore préservée elle reste un site naturel exceptionnel. A Grande Rivière se trouve l'Habitation l'Oiseau, ancienne caféière datant du début du XXè siècle. Une propriété de 5 hectares avec une maison coloniale, une bonifierie. Tout en haut de la route, on parvient à l'habitation La Grivelière classée “Monument Historique“ en 1987, comprenant plusieurs édifices qui ont bénéficié d'un important programme de restauration. La D13 mène au Domaine de Vanibel, charmante propriété où l'on cultive la café, la vanille et la banane, visite commentée. Puis on continue la N2 en direction de Baillif. Les vestiges d'une ancienne batterie veillent tranquillement à la Pointe du corps de garde. On parvient ensuite à la Plage de Rocroy, belle plage de sable fin, arborée, équipée de carbets. On peut préférer un petit arrêt au lieu-dit Val de l'orge, vue imprenable sur l'anse, et c'est à l'anse Colas, à la jonction avec la commune de Baillif, que se jette la rivière du Plessis qui renferme les extraordinaires roches gravées de l'époque amérindienne. Cartes de Guadeloupe touristiques Chemin Bleu et plans-guides de villes disponibles dans les Offices de tourisme. 

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