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Paradoxe

Vieux-Fort

Basse Terre - 1 897 Hab.

Vieux-Fort : charme ancestral, terre d'équilibres.

Vieux-Fort, avec une superficie de 719 hectares, est située sur la pointe sud de la Guadeloupe, à la rencontre entre les eaux agitées du canal des Saintes et la mer des Caraïbes. Témoin privilégié de grands moments de l'histoire de la Guadeloupe, la région fut d’abord occupée par des Amérindiens qui pratiquaient la pêche et possédaient d’importants jardins à vivres où ils cultivaient surtout le manioc, en arrière des villages côtiers. Au début de l'année 1636 Charles Lienard de l'Olive, qui avait débarqué en compagnie de Jean du Plessis d'Ossonville avec quelques centaines de colons et engagés en 1635 à la Pointe-Allègre, décida de chercher un endroit plus prometteur pour s'installer. Après avoir parcouru la côte avec ses hommes dont beaucoup étaient atteints par la maladie, affaiblis et affamés, il décida de s'établir sur cette zone dans le sud de l'île sur le site de l'actuel Vieux-Fort, précisément sur le secteur de Mazarin, où se trouvaient déjà installés des villages Caraïbes. Des ruines de l'ancien village, appelé Petit Vieux Fort sont encore visibles dont une casemate qui devait abriter les soldats chargés de la protection des habitants, et des vestiges de cimetières familiaux, à l'exemple de celui de la famille Dupuy, puisqu'à 'époque, la coutume chez les colons était de se faire enterrer sur la propriété. Si la cohabitation fut bonne au début, une sorte de communauté de vie s'étant même instaurée, Charles de l'Olive, après la mort de Jean du Plessis, décida l'extermination systématique de la population indigène. Il fit construire vers l'anse Dupuy, non loin de la Pointe, un fort. Il s'agissait en fait d'un fortin palissadé en bois qui prit le nom de Fort Royal en l’honneur de Louis XIII. Il abritait quelques canons, possédait chapelle et jardins à vivre. Il recevra plus tard le nom de Vieux-Fort car un nouveau fort venait d'être construit sur les rives du Galion en 1650 par Charles Houël, gouverneur de la Guadeloupe de 1643 à 1664, puis la dénomination de Vieux-Fort l’Olive. La guerre prendra fin en 1660 avec la signature, au Fort de Basse-Terre, d'un traité de paix qui concédera aux Indiens caraïbes quelques maigres compensations sur les zones les plus désertiques de l'île. Dès lors, Vieux-Fort, qui désignait aussi la pointe sud de la Guadeloupe et la paroisse de ce quartier, devint un poste de défense avancé pour protéger le sud de l’île des attaques et observer les côtes. En mars 1703, les Anglais sous les ordres de Codrington, débarquèrent à l’Anse Dupuy. Malgré une courageuse résistance des Vieux-Fortains, et bien que cette incursion ne fut qu'éphémère, le Vieux-Fort l’Olive fut détruit. Sa localisation initiale reste en fait inconnue puisque les batteries dont on peut voir les vestiges datent des XVIIIè et XIXè siècles.  Le site accueille aujourd'hui le “Centre de broderie et des arts textiles“, créé à l’initiative de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Basse-Terre. Le quartier de Vieux-Fort fut rattaché à la commune de Basse-Terre jusqu’en 1730, date de son autonomie administrative. Après plusieurs décennies de chassés-croisés entre Anglais et Français, le Traité de Paris (1763) redonna la Guadeloupe à la France annonçant une période de stabilité sur l'île. Sur le plan économique, l'arrivée massive des esclaves changera la structure des exploitations agricoles passant d'une mosaïque de petites terres exploitées par les petits colons, à la création d'importants domaines. Les vestiges d’habitations sucrières, en particulier l'habitation Blondeau, où l'on cultivait sur une grande superfice canne, café et épices sont encore visibles (ancienne sucrerie, manioquerie, maisons des travailleurs et du propriétaire). Malgré les nombreux soubresauts dus au véléités de retour des Anglais (notamment 1759, lors de la guerre de sept ans), cette prospérité se maintiendra au cours du XIXè siècle. La fin de l'esclavage (1848), la concurrence (Brésil et Colombie pour le café, sucre de betterave pour le sucre), et les  dégâts causés par les cyclones finiront par venir à bout de cette économie en mal de renouveau.
Longtemps enclavée, tournée vers la mer, Vieux-Fort est aujourd'hui reliée à Trois-Rivières par une route qui rejoint la Nationale au lieu-dit Faubourg, et à Basse-Terre via Rivière Sens (Gourbeyre), par la route côtière construite lors du réveil de la Soufrière en 1976, afin d’évacuer Basse-Terre en cas de danger. L'escarpement des côtes et le caractère pentu de l'arrière-pays bloquent les possibilités d'extension de cette commune qui reste aujourd'hui, avec ses 1 617 habitants, une des plus petites de Guadeloupe.
Tout en s'appuyant sur ses activités traditionnelle que sont la pêche et l'agriculture, Vieux-Fort met en valeur ses ressources naturelles et son patrimoine pour participer directement au dynamisme touristique de l'île. Commune peu étendue, mais disposant d'une offre touristique variée, Vieux-Fort joue la proximité, par l'accessibilité des lieux et la facilité des contacts avec la population. Atouts majeur de cette vocation touristique, le Centre de broderie et des arts textiles, la visite, à son rythme d'un patrimoine évocateur et varié, l’église et son clocher, le phare, la mairie, le port de pêche et les randonnées sur les flancs des Monts Caraïbes. L'organisation de manifestations nautiques comme les régates de voile traditionnelle et les nombreux spectacles organisés par les associations à vocation culturelle et sportive donnent à cette commune une exceptionnelle convivialité.

Visite de Vieux-Fort.

Entre mer et montagne, épargnée par les grands axes routiers, Vieux-Fort rassemble en un petit périmètre un bel éventail de sites naturels, historiques et patrimoniaux. Il faut ici prendre le temps de flâner et d'aller à la rencontre des habitants de cette commune paisible. Par la D6 en venant de Rivière Sens, on longe le bord de mer et l'Anse petite Fontaine, dominés par les étonnantes falaises sculptées, avant de faire une halte à l'Anse Dupuy, quartier chargé d'histoire, puisqu'il a été un important village amérindien et le théâtre de batailles sanglantes entre colons et Caraïbes. L'anse Dupuy abrite aujourd'hui un petit port d’où partent les vieux-fortins pour la pêche au thon et à la dorade sur leurs embarcations, les “saintoises“.  A l'origine, ces barques de pêche non pontées, à voile, parfaitement étudiées pour tenir la mer des Antilles, étaient construites en bois (le bois du nord pour la quille, acajou pour les bordées et le plancher, poirier pays pour les membrures et la proue) avec une bôme plus longue que le mât. Aujourd'hui, la saintoise à moteur a remplacé la saintoise traditionnelle, mais cette dernière bénéficie depuis quelques années, à Vieux-Fort comme sur l'ensemble de la Guadeloupe, d'un nouvel engouement avec les régates spécialement organisées, notamment le très réputé Tour de la Guadeloupe en Voile Traditionnelle (TGVT), un événement majeur dans l’île.
Sur la Pointe du Vieux-Fort, disposant d'une vue imprenable, sont accrochés les vestiges du Fort l'Olive témoin privilégié de grands moments de l'histoire de la Guadeloupe. C'est là, à proximité des vieux canons,  qu'a pris place le Centre de broderie et arts textiles, créé en 1980, où travaillent avec application des brodeuses aux mains de fée. Un petit sentier permet de se rendre au pied du phare qui marque l’entrée dans la rade de Basse-Terre. De là, vue panoramique sur l'océan et l'archipel des Saintes. Une ancienne batterie avec ses canons veille sur l'horizon.
La départementale le long de la côte conduit au centre du village où se succèdent l'école communale, la mairie, l'église et son étrange clocher, le stade et les quelques commerces et restaurants qui participent à l'animation et constituent autant de lieux de rencontre. Vue exceptionnelle depuis la Pointe à Launay. La balade se poursuit le long du littoral, Pointe de Batterie, Pointe Comar, Pointe Violon, dominant l'océan, jusqu'au lieu-dit Blondeau, où se trouvait l'habitation du même nom, la plus grande de Vieux-Fort, dont on peut encore voir les vestiges. Il est possible de quitter la D6 pour faire la boucle en direction des contreforts des Monts Caraïbes, charmante petite escapade par les lieux-dit Derrière le Morne, Morne Caca avec retour par Matouba. Vieux-Fort est le point de départ de plusieurs randonnées pédestres dans les Monts Caraïbes, le plus vieux massif de l’île, plus de 2 millions d’années, culminant à 687 mètres. Elles permettent de traverser la végétation sèche avec ses étonnants cactus cierges, de voir de nombreuses espèces d'arbres (Courbaril, Sablier, Bois Lélé) ou d'orchidées, de découvrir de magnifiques paysages et de profiter de beaux points de vue. De Vieux-Fort part encore, sur la route de Matouba, la Trace des Alizés, le seul sentier de niveau Grande Randonnée (GR) de Guadeloupe qui  traverse la Basse Terre du sud au Nord, soit environ 65 km de parcours hautement sportif, mais il faut être très bien préparé car cette randonnée dure environ 5 jours. Il est conseillé de faire appel à des guides locaux et de l’effectuer en groupe. Cartes de Guadeloupe touristiques Chemin Bleu et plans-guides de villes disponibles dans les Offices de tourisme. 

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Pointe à l'Aunay
Couture B

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