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Baillif

Basse Terre - 5 801 Hab.

 

Baillif : richesse d’une terre, sagesse d’un peuple.

L’occupation précolombienne de la Côte-sous-le-Vent, notamment de la région de Baillif, a été confirmée par les résultats de plusieurs fouilles ou sondages avec la découverte de roches gravées dans le lit de la rivière du Plessis et l’apparition après le passage des cyclones Luis et Marilyn en 1995 de traces d’occupations à l’embouchure de la rivière du Baillif. Ces sites sont essentiellement localisés le long de la côte. Le mobilier, très abondant, se rapporte à la culture “Cedrosan Saladoïde“ (vers 400-600 après JC). La céramique se caractérise par des jattes souvent peintes en rouge à l’intérieur ou décorées et de vases peints en blanc sur fond rouge ou polychromes.  La présence de très nombreux restes de poissons, de coquillages et de crustacés témoigne d’une consommation de produits marins côtiers. Les premiers Européens à s’installer furent les pères dominicains auxquels le gouverneur Charles de l’Olive concèda en 1637 une portion de terre qui s’étendait de la rivière des pères à la rivière de Baillif. Le 20 mai 1643 est rédigé, à Paris, l’acte de vente définitif  de la Guadeloupe et de ses dépendances au profit de Charles Houel du Petit Pré, ancien directeur de la Compagnie des Isles, alorsl gouverneur de la Guadeloupe, et son beau-frère Jean de Boisseret d’Herblay. La vocation économique de l’île se dessine déjà avec l’intensification de l’implantation de la culture de la canne à sucre.
Boisseret, choisit le site de l’actuel Baillif, stratégique par son relief, dominant la mer, comme lieu de résidence. Il y fait bâtir vers 1650 une imposante forteresse sur la montagne de la Madeleine. Alors que les premiers forts bâtis par les colons pour se défendre des Caraïbes étaient la plupart du temps construits, à la hâte, en palissades de bois, cette construction dont l’enceinte était flanquée de quatre bastions, était en pierre. De plan médiéval, ce fort défendait les bourgs de Saint-Louis et de Baillif alors que dans le même temps, Charles Houël édifiait une maison forte à l’emplacement actuel du fort Delgrès, à Basse-Terre. Pas le même destin, puisque le fort Madeleine fut détruit par les Anglais en 1691.
Dès les premiers moments de la colonisation, Baillif connaît une période florissante. Les montagnes de Saint-Robert et de Saint-Louis sont défrichées jusqu’à 300 m d’altitude. De nombreuses sucreries y sont installées et cette région sera la première zone sucrière de la Guadeloupe. Mais la fin  du XVIIè et le début du XVIIIè marquent une période désastreuse. Les attaques anglaises de 1691, puis de 1703, anéantissent le fort et la ville basse. Plusieurs crues de rivière inondent le bourg et Baillif ralentit son développement, laissant à Charles Houël l’opportunité de faire de Basse-Terre la capitale de l’île. C’est à cette période que le Père Labat fut appelé par le gouverneur Auger pour mettre en place un système de défense contre les attaques anglaises. Plusieurs fortifications sont construites dont cette tour de défense inédite, que l’on nommera “tour du Père Labat“ proche de l’habitation Marigot, propriété des dominicains. Au cours du XVIIIè siècle, l’activité cannière reprit son essor. Dans cette partie montagneuse de l’île, les ingénieurs mirent l’accent d’abord sur le littoral et les premiers contreforts habités. Il est vrai que l’ennemi ne pouvait venir que de la mer et qu’en l’absence de routes, les échanges se faisaient par voie maritime. La plupart des habitations possédaient un magasin en bord de mer et un canot pour transporter les marchandises. Les propriétés étaient desservies par des chemins transversaux. Malgré les difficultés d’accès évidentes, un nombre important d’exploitations se retrouvèrent cependant loin de la mer, à condition d’être implantées dans des lieux bien ventilés, sur une hauteur, comme à la montagne de Saint-Louis ou sur la montagne Bellevue. Les terrains à défricher étant difficiles et la main-d’œuvre peu nombreuse, les premières concessions furent en général de taille modeste (10 à 20 hectares). Les habitations comme toutes les exploitations agricoles, même modestes, regroupaient divers bâtiments en plus de la maison de maître : les dépendances agricoles, les bâtiments industriels pour les sucreries et les logements des esclaves. Ces annexes ont souvent été détruites. Le cachot d’esclaves se trouvant sous la sucrerie.  On dénombra sur la commune de nombreux domaines, l’habitation Bellevue, dont le propriétaire était Monsieur Jean-Baptiste Dupuy-Desillets, propriété devenue ensuite l’Habitation Beauvallon, l’Habitation Saint-Louis, l’Habitation Claire Fontaine, l’Habitation Bouvier… L’abolition de l’esclavage, puis les difficultés de la crise sucrière mirent fin à cette économie cannière. Durant la seconde moitié du XIXè siècle, les sucreries furent contraintes de se reconvertir en distillerie car la production de sucre sur ces petites unités n’était plus rentable. Puis les exploitants se lancèrent dans la production de banane. Aujourd’hui, sur  les  terres  non  touchées  par  la  pollution  à  la chlordécone, notamment sur les anciennes terres cannières (Bovis, Bellevue), c’est surtout à travers la production maraîchère et fruitière (agrumes, manguiers) que s’opère la diversification agricole, venant compléter les pôles maraichers historiques (Papaye). Cette filière occupe une place de plus en plus importante dans la filière agricole locale. C’est donc une mutation de l’identité agricole qui est largement engagée. 
La situation suburbaine de Baillf de la fin du XXè siècle permit l’essor d’une importante zone artisanale et commerciale entre le bourg et la Rivière des Pères. La commune, qui dispose d’un aérodrome à proximité d’une Zone d’activité économique, entend poursuivre le développement des pratiques agricoles et la commercialisation des productions vivrières et maraîchères. Elle veut aussi favoriser les énergies renouvelables et valoriser ses atouts patrimoniaux, naturels et culturels, notamment par l’accès au Parc National.

Visite de Baillif.

Partir à la découverte de Baillif nécessite de vouloir d’abord se replonger dans l’histoire, puisque la commune recèle de nombreux témoignages de son passé, mais il y a longtemps que les Baillifiens fort de cette expérience ancestrale ont compris qu’ils disposaient d’atouts exceptionnels permettant d’affirmer une vision contemporaine de développement sur leur terre, ce qui donne à cette commune un exceptionnel art de vivre. Une escapade sur les hauteurs de la commune par la D30 sur la route de Saint-Louis permet de retrouver les vestiges de distilleries et découvrir les anciennes habitations dont certaines présentent encore leur belles demeures cossues : ancienne distillerie Bellevue, ruines de la distillerie Bouvier, Habitation-sucrerie Saint-Louis, Habitation Bovis, et même l’ancienne distillerie de Grand Marigot, ancienne propriété des dominicains, pour laquelle le Père Labat avait fait tracer un canal qui continue encore aujourd’hui à desservir les habitations de la montagne. Des infrastructures, il ne reste hélas qu’une cheminée. Tous ces vestiges démontrent l’intérêt que la commune portait alors à l’économie sucrière. La fabrication du sucre nécessitait une grande maîtrise technique et des investissements financiers importants pour la construction des nombreux bâtiments. La canne devait être broyée dans les moulins. Le jus obtenu était cuit dans les sucreries. Le sucre était mis à égoutter dans les purgeries, grands bâtiments en maçonnerie, qui devaient être bien ventilés. Pour achever le séchage, le sucre était placé dans l’étuve, en forme de tour ronde, comme à l’habitation Saint-Robert, ou carrée (habitation Campry). La mélasse (résidu du raffinage du sucre que l’on trouve sous forme d’un sirop très épais et visqueux) permettait la fabrication d’alcool. La plupart des maisons de maître en bois datent de la seconde moitié du XIXè siècle ou du début du XXè, mais on trouve certaines constructions en pierre construites au cours de la seconde moitié du XVIIIè ou du premier quart du XIXè siècle. Les maisons avec galerie apparaissent à la fin du XVIIIè. Spectacle exceptionnel au milieu de ces immense bananeraies et vue magnifique sur la mer des Caraïbes. On respire ici la douceur de vivre. La D30 continue à grimper le long de la rivière Saint-Louis, on parvient au Saut d’eau du Matouba, sur la comune de Saint-Claude. Une petite balade à travers les champs de bananes conduit devant un beau bassin au pied d’une énergique petite cascade. Attention, baignade déconseillée.
La présence de pétroglyphes dans le lit de la rivière du Plessis et, non loin, de traces de plusieurs villages amérindiens datant de 600 à 900 après Jésus Christ est un bon prétexte pour mener une expédition découverte. Prendre la D13 en direction de Saint-Robert. Une petite demi-heure suffit pour accéder au site. On peut admirer plusieurs dizaines de roches gravées datant de 400 ans après JC. D’autres découvertes d’occupation amérindiennes (polissoir, outils…) ont été faites à l’embouchure de la Rivière du Baillif. La route se poursuit ensuite sur les hauteurs du Morne Saint-Robert jusqu’au pied du Morne Montval, aux confins de la réserve du Parc national de la Guadeloupe. Changement de décor en s’aventurant sur les routes en pente vers Campry et Bovis pour constater le travail  que les agriculteurs ont effectué pour une plus grande diversification agricole. Les anciennes terres cannières sont depuis les années 1980 exploitées pour la production maraîchère et fruitière, notamment les cultures d’agrumes. Une visite du bourg, l’église Saint-Dominique et son beau maître-autel, la Mairie, conçue par Ali Tur, incite à parcourir le long boulevard maritime en direction de Basse-Terre pour rejoindre la trés réputée tour du Père Labat, immanquable, inévitable, qui fait la fierté de tout un peuple. Cartes de Guadeloupe touristiques Chemin Bleu et plans-guides de villes disponibles dans les Offices de tourisme. 

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