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Monument aux Indiens

Monument - Saint-François

Erigé à Pombiray en janvier 1999 pour commémorer l'arrivée des Indiens en Guadeloupe à partir de 1854, ce monument symbolise l’expression d’une culture et de traditions fortement ancrées dans la commune. Il représente le joueur de matalon, instrument essentiel de la musique indienne, entouré des bustes de deux personnages incontournables Henry Sidambarôm, né en Guadeloupe en 1862, mort en 1952, homme politique issu d'une famille d'origine indienne qui lutta toute sa vie pour l'accession à la citoyenneté française des travailleurs originaires de l'Inde en Guadeloupe, et Gandhi, symbole de la résistance à l'oppression, qui a contribué à conduire l'Inde à l'indépendance, apôtre de la non violence, ancien dirigeant du Congrès national indien, reconnu comme le Père de la nation en Inde.

En Guadeloupe, les Indiens sont présents depuis plus de 170 ans. La commémoration de l'arrivée de ces hommes et femmes se célèbre sur toute l'île, particulièrement dans les communes, c'est le cas de Saint-François, qui accueillent de nombreux descendants de ces premiers arrivants. Fêtes, manifestations, débats, expositions, se succédent tout au long de l’année. Après l'abolition de l'esclavage décrétée par l'administration française en 1848, les Indiens arrivent dans les îles françaises pour pallier le manque de main-d'œuvre dans la culture de la canne à sucre et du coton. Depuis les comptoirs occidentaux de Pondichéry, de Malabar, depuis la côte de Coromandel ou de villes comme Calcutta, des Indiens s'engagent pour trois à neuf ans afin de travailler temporairement dans ces îles. Entre 1854 et le début du vingtième siècle, ils immigrent massivement dans l'espoir de revenir en Inde à la fin de leur contrat. Mais ni la traversée de ces populations de l'Inde vers les Caraïbes, qui fut la plus longue de l'histoire de l'immigration, ni la close de retour dans leur pays d'origine ne se déroule dans les termes du contrat initial. Maltraités sur les navires par les colons européens, méprisés par les populations locales pour leurs différences culturelles, la plupart des indiens se trouvent contraints de rester aux Antilles. À partir de 1887, tous les Indiens ont la possibilité d'accéder à la citoyenneté française et sont convertis, de force, au catholicisme, bien qu'ils conservent la liberté  de pratiquer la religion majoritaire de leur pays d'origine : l'hindouisme. Aujourd'hui, l'ensemble des indiens s'est intégré à la culture créole des îles françaises. L'on estime à environ 60 000 le nombre de personnes d'origine indienne en Guadeloupe  et une petite partie y cultive encore un lien avec l'Inde. La décision de commémorer par des fêtes typiques l’arrivée des indiens en Guadeloupe atteste d'une prise de conscience des Indo antillais, qui se tournent de plus en plus vers l'Inde, afin de mieux connaître leurs racines culturelles. Redessiner le trajet des ancêtres, reconstituer son arbre généalogique ou redécouvrir les senteurs de l'Inde et sa culture si riche constituent autant de motifs de pérenniser leur identité. Peu d'entre eux cependant parlent les deux langues principales du pays des ancêtres que sont l'Hindi et le Tamoul. Ici, c'est la culture créole qui domine et la pratique quotidienne d'un mode de vie à l'indienne se révèle plutôt rare. “L’indianité" est un concept relativement récent, mais l'enthousiasme pour la culture indienne est croissant.  Des comités ont été mis en place regroupant les associations indiennes de la Guadeloupe qui organisent des manifestations dans les milieux ruraux, dans les villes et les différents centres culturels afin de faire vivre arts, coutumes, langues et traditions.

Joueur de Matalon entouré des bustes des deux grands hommes
Joueur de Matalon entouré des bustes des deux grands hommes
Inauguration lors de la fête de Pombiray
Inauguration lors de la fête de Pombiray
Henry Sidambarôm
Henry Sidambarôm
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